Échange avec Mr Mario Figueroa, Directeur de Ressources Humaines
« Parfois, ce qui nous manque à la fin, c’est plus le temps que l’argent. »
Au mois d’août, le téléphone sonne un peu moins, les mails ralentissent et l’agenda se desserre. Pour beaucoup de dirigeants, c’est aussi l’un des rares moments de l’année où une question peut refaire surface : et après ?
Après l’entreprise, après la transmission, après des années pendant lesquelles une grande partie de son temps, de son énergie et parfois de son identité ont été consacrés à son activité.
Mais si 40 % des dirigeants envisagent de transmettre leur entreprise, la moitié d’entre eux n’a défini aucun projet spécifique pour l’après-transmission.
Pourquoi est-il si difficile de penser à l’après ?
Pour Mario Figueroa, certains chefs d’entreprise ont du mal à envisager de lâcher leur société parce qu’ils redoutent ce qui viendra ensuite.
« On ne passe pas de 1 à 0. C’est quelque chose qui se réfléchit, qui se prépare, qui s’organise. »
La transmission est souvent préparée sous ses aspects financiers, fiscaux, juridiques ou patrimoniaux. Mais préparer la vente de son entreprise ne signifie pas forcément être prêt à ne plus la diriger.
Céder son entreprise ne veut pas dire arrêter. C’est probablement là que le regard doit changer.
La deuxième vie d’un dirigeant n’est pas nécessairement une retraite au sens traditionnel du terme. Après vingt, trente ou quarante ans d’activité, il dispose d’une expérience, d’un réseau et d’un savoir-faire qui peuvent continuer à être utiles, autrement.
Les possibilités sont nombreuses. Devenir consultant indépendant et accompagner ponctuellement d’autres entreprises, conseiller de jeunes dirigeants, transmettre son expérience dans une école ou un organisme de formation, créer une nouvelle activité, reprendre une franchise, participer à un comité stratégique ou s’investir davantage dans une association ou une mission d’intérêt général.
Un ancien dirigeant peut aussi choisir de ne conserver que quelques missions par an. Accompagner une entreprise dans une phase de croissance, aider un dirigeant confronté à une difficulté qu’il a lui-même connue ou apporter son expertise sur un projet précis.
Il ne s’agit alors plus de tout porter au quotidien, mais de continuer à être utile avec davantage de recul, de liberté et de sérénité.
Cette deuxième vie peut aussi permettre de retrouver du temps pour ce qui avait été repoussé pendant des années : voyager davantage, se consacrer à sa famille, reprendre une activité personnelle ou simplement organiser ses semaines différemment.
Mario Figueroa en fait lui-même l’expérience. À 60 ans, après une carrière de directeur des ressources humaines, il partage aujourd’hui son temps entre le conseil, la formation, son engagement au conseil de prud’hommes et différentes activités professionnelles, tout en laissant davantage de place à ses projets personnels et aux voyages.
Préparer sa deuxième vie aussi sérieusement que sa transmission
La question n’est donc pas forcément de choisir entre travailler et ne plus travailler. Elle est de décider ce que l’on souhaite encore apporter, à qui, à quel rythme et quelle place on veut désormais laisser au reste de sa vie.
Quitter son entreprise ne signifie pas perdre son utilité ni tout ce qui a construit son identité professionnelle. Cela peut au contraire être l’occasion de transmettre autrement, de choisir davantage ses engagements et de mettre son expérience au service des autres avec plus de sérénité.