Les journées s’enchaînent, les réunions remplissent l’agenda, les messages continuent le soir, les décisions se prennent dans l’urgence et les week-ends deviennent parfois un simple prolongement de la semaine.
Pour Véronique Hontarrède, psychologue, coach et psychothérapeute, en se laissant aspirer par l’opérationnel, le dirigeant peut finir par perdre ce qui fait la valeur première de sa fonction : prendre du recul, donner du sens et entraîner ses équipes.
« Le dirigeant peut perdre la vision d’ensemble. Il ne voit plus assez clairement où va l’entreprise, ce qui doit être priorisé, ce qui peut être confié, ce qui doit être arrêté. Il travaille davantage, mais pense moins bien. »
Un cercle vicieux peut alors s’installer. L’entreprise ralentit ou se désorganise, le dirigeant s’inquiète, il reprend encore plus de sujets en direct, les équipes perdent en autonomie, les tensions augmentent et le dirigeant s’épuise encore davantage.
Résultat, ce n’est pas seulement l’équilibre de son entreprise qui est en jeu, mais aussi sa santé.
Certains signes doivent alerter. Un sommeil qui se dégrade, une fatigue persistante, une alimentation déséquilibrée, une tension physique inhabituelle, une irritabilité plus forte ou une difficulté à écouter les autres peuvent indiquer que la ressource personnelle du dirigeant s’épuise.
L’entourage familial ou amical le perçoit souvent avant lui. Les collaborateurs aussi. Quand les relations deviennent plus tendues, que les départs se multiplient ou que l’entreprise perd en fluidité, il ne s’agit pas seulement d’un problème d’organisation. C’est parfois le signe que le dirigeant porte trop seul.
Comment retrouver ses pleines capacités et son bien-être ?
La première réponse consiste à accepter de s’entourer et de se faire accompagner. Un coach ou un psychologue n’est pas là pour dire au dirigeant ce qu’il doit faire. Son rôle est de l’aider à retrouver de la respiration, à remettre de l’ordre dans les priorités, à identifier ses marges de manœuvre et à sortir du sentiment d’être constamment sous l’eau.
« Selon les situations, le travail peut porter sur la santé, le sommeil, l’organisation, la délégation, la relation aux équipes ou la capacité à retrouver du plaisir dans sa fonction », précise Véronique Hontarrède.
Cela peut aussi passer par des partenaires extérieurs capables de prendre en charge certains dossiers, d’apporter un regard expert, de solutionner des sujets et de redonner du temps au dirigeant.
Ces éléments peuvent conduire le dirigeant à revoir son organisation, à mieux clarifier les responsabilités et à accorder une confiance plus grande à certaines équipes.
L’été est la période idéale pour prendre du recul. Lorsque le dirigeant prend soin de lui, il crée de meilleures conditions pour penser, décider et embarquer durablement.
À propos de Véronique Hontarrède
Psychologue au Vésinet, Véronique Hontarrède accompagne notamment des cadres dirigeants, des chefs d’entreprise et des équipes confrontés à des situations de pression, de surcharge, de transformation ou de perte de repères.
Avant d’exercer en cabinet libéral, elle a occupé des responsabilités en entreprise, dans la finance puis les ressources humaines. Cette expérience du management, associée à sa pratique de psychologue clinicienne, psychothérapeute et coach certifiée, lui permet d’aborder les difficultés des dirigeants à la fois sous l’angle humain, professionnel et organisationnel.